The Lady

 

Aung San Suu Kyi, Lady of no fear

 

Aider les gens à « comprendre qu’ils ont le pouvoir de changer eux-mêmes les choses », telle est la priorité de celle qui en est venue à incarner la lutte pour la démocratie à l’échelle mondiale.

Portrait de la célèbre opposante birmane, prix Nobel de la paix en 1991.

« Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l’exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime »

Aung San Suu Kyi a passé quatorze ans de captivité dans les prisons de la junte militaire au Myanmar (ex-Birmanie). Libérée en novembre dernier de la résidence surveillée dans laquelle elle a passé la majeure partie de ces vingt dernières années, Aung San Suu Kyi, 66 ans, parcourt le pays sans relâche pour défendre sa conception de la démocratie. Elle a ainsi effectué en août un premier déplacement politique et a rencontré le nouveau président « civil » du Myanmar, Thein Sein.

Autre indice de changement, « la Dame de Rangoon » a pu lancer son site Internet. Le combat non violent auquel elle a sacrifié son bonheur personnel serait-il sur le point d’aboutir ?

_________________________________

 

La vie « romanesque » d’Aung San Suu Kyi a inspiré Luc Besson : son film The Lady sort sur les écrans le 30 novembre 2011.

 

The Lady est une histoire d’amour hors du commun, celle d’un homme, Michael Aris, et surtout d’une femme d’exception, Aung San Suu Kyi, qui sacrifiera son bonheur personnel pour celui de son peuple. Rien pourtant ne fera vaciller l’amour infini qui lie ces deux êtres, pas même la séparation, l’absence, l’isolement et l’inhumanité d’une junte politique toujours en place en Birmanie. The Lady est aussi l’histoire d’une femme devenue l’un des symboles contemporains de la lutte pour la démocratie.

_________________________________

 

De 1945 à aujourd’hui, les grandes étapes de la vie d’Aung San Suu Kyi et de l’histoire de la Birmanie.

  • 19 juin 1945
    Naissance d’Aung San Suu Kyi à Rangoon (Birmanie).
  • 19 juillet 1947
    Le général Aung San, le père d’Aung San Suu Kyi, qui négocie l’indépendance de son pays, est assassiné avec six de ses ministres.
  • 4 janvier 1948
    La Birmanie devient indépendante et quitte le Commonwealth. Instauration d’un régime démocratique parlementaire.
  • 1960
    La mère d’Aung San Suu Kyi est nommée ambassadrice de Birmanie en Inde. Sa fille l’y rejoint et y termine ses études secondaires.
  • 1962
    Coup d’État militaire du général Ne Win qui va diriger le pays pendant vingt-cinq ans.
  • 1964-1967
    Aung San Suu Kyi poursuit ses études au St. Hugh’s College d’Oxford où elle suit un cursus de philosophie, politique et économie.
  • 1972
    Aung San Suu Kyi épouse Michael Aris qu’elle a rencontré à Oxford où il étudiait les civilisations tibétaines. Le couple aura deux fils : Alexander, né en 1973 à Londres, et Kim, né en 1977 à Oxford.
  • 1988
    Aung San Suu Kyi retourne en Birmanie, auprès de sa mère malade. Fortement influencée par la philosophie non-violente du Mahatma Gandhi, Aung San Suu Kyi entre peu à peu en politique.
    Le 18 septembre, à la suite d’un important mouvement de protestation populaire, un groupe de généraux renverse Ne Win. Une nouvelle junte militaire dirige la Birmanie : le Conseil d’État pour la restauration de la Loi et de l’Ordre. Le nouveau régime fait l’objet de sanctions internationales.
    Le 27 septembre, Aung San Suu Kiy fonde avec deux anciens généraux, la Ligue nationale pour la démocratie (LND).
  • 1989
    En juin, le pays prend le nom de Myanmar.
    En juillet, Aung San Suu Kyi est arrêtée puis assignée à résidence surveillée.
  • 1990
    Des élections libres sont organisées sous la pression populaire. Elles sont remportées à plus de 80 % par la Ligue nationale pour la démocratie d’Aung San Suu Kyi. Les élections sont annulées et Aung San Suu Kyi est assignée à résidence. Elle reçoit le Prix Sakharov du Parlement européen « pour la liberté de l’esprit » puis le Prix Rafto qui récompense chaque année un défenseur des droits de l’homme.
  • 1991
    Le Prix Nobel de la Paix est décerné à Aung San Suu Kyi. À lire (en anglais) : le discours prononcé au nom de sa mère par Alexander Aris, le 10/12/1991.
  • 1999
    Michael Aris, l’époux d’Aung San Suu Kyi, meurt d’un cancer sans avoir pu revoir sa femme, elle-même toujours séparée de ses enfants qui vivent au Royaume-Uni.
  • Septembre 2000
    Aung San Suu Kyi est une nouvelle fois incarcérée.
  • Mai 2002
    Elle est libérée à la suite de négociations secrètes entre les Nations unies et la junte birmane.
  • 2003
    Son cortège est attaqué le 30 mai alors qu’elle effectue un déplacement en province, on compte de nombreux morts et blessés. Aung San Suu Kyi est de nouveau emprisonnée, puis transférée en maison d’arrêt en septembre à la suite de problèmes de santé. Son assignation à résidence sera prolongée à plusieurs reprises et durera sept ans, jusqu’en 2010.
  • 2007
    Des manifestations éclatent le 19 août 2007 à Rangoon pour dénoncer l’augmentation massive des prix des carburants et des transports en commun. Elles ont pris de l’ampleur à partir du 5 septembre, lorsque des moines bouddhistes ont été frappés par des miliciens de la junte, ce qui a suscité l’indignation générale. Des membres de la Ligue nationale pour la démocratie d’Aung San Suu Kyi, des étudiants et d’autres personnes ont rejoint les manifestations pacifiques des moines dans toutes les grandes villes du pays. Le 22 septembre, Aung San Suu Kyi sort brièvement de sa résidence pour saluer des moines qui manifestent. Elle est emprisonnée deux jours plus tard. La répression s’abat sur le mouvement. C’est la fin de la « révolution safran ».
  • 2008
    En février, la junte annonce la tenue d’un référendum pour valider les réformes constitutionnelles. Le 2 mai, le cyclone Nargis ravage le pays. Le bilan officiel fait état de 130 000 morts ou disparus. Le référendum se déroule le 10 mai avec un taux officiel de participation supérieur à 98 %.
  • 2009
    En août, Aung San Suu Kyi est condamnée à 18 mois de détention, ce qui l’empêche de se présenter à l’élection générale de 2010.
  • 2010
    Des élections marquées par des fraudes généralisées ont lieu le 7 novembre, les premières en vingt ans. Les parlementaires ainsi élus sont essentiellement des militaires en exercice ou à la retraite.
    Le 13 novembre, la police birmane enlève les barrières posées devant la résidence d’Aung San Suu Kyi.
  • 2011
    Le 30 mars 2011, la junte militaire « s’autodissout ». L’un de ses généraux, Thein Sein, Premier ministre sortante, est élu par le nouveau Parlement à la tête de l’État. Le 20 août, Thein Sein reçoit Aung San Suu Kyi.

 

A propos Not a Chocolate Cake

Serial blogueuse - Intérêts en Relations Publiques, en Communication et en Réseaux Sociaux - CV Infographique: http://vizualize.me/Kabisu
Galerie | Cet article, publié dans Films (Cinéma &Télévision), Histoires de Femmes, est tagué , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s