Pourquoi les femmes gagnent-elles moins que les hommes?

 

C’est le succès de son blog qui l’a incitée à ressortir ce projet de livre. Pendant des mois, elle a demandé aux personnes qu’elle rencontrait si elles ne connaissaient pas quelqu’un qui connaissait quelqu’un qui connaissait un éditeur.

Puis elle a fini par trouver les éditions Pearson qui se sont montrées tout de suite partantes.

Aujourd’hui, Brigitte Laloupe alias Olympe Blogueuse casse le plafond de verre et nous invite à réfléchir à cette interrogation:

Pourquoi les femmes gagnent-elles moins que les hommes ? Les mécanismes psychosociaux du plafond de verre

 

Interview de Mode(s) d’Emploi

Quels sont les principaux « mécanismes psychosociaux » qui entretiennent les inégalités ?

« Par « mécanismes psychosociaux« , j’entends ce qui conditionne les femmes depuis leur enfance, la manière dont elles sont éduquées… Malgré toutes les lois sur l’égalité professionnelle, les choses n’avancent plus depuis quelques années. Ce qui m’intéressait, c’était donc d’aller chercher ce qui se passe au quotidien dans la tête des gens, qui fait que les femmes restent toujours en seconde position.

– Dans la première partie du livre, je décortique les stéréotypes. Comment fonctionnent-ils ? Ils sont nombreux… Les filles sont douées en sciences mais ne sont pas vues comme des scientifiques, les femmes ont moins d’accidents mais l’on dit d’elles qu’elles conduisent mal, etc etc… Je me suis également penchée sur la façon dont on traite garçon et fille dès l’enfance.

– La deuxième partie concerne les hommes. Si un certain nombre est en faveur de l’égalité, ils ont pour beaucoup encore un comportement grégaire et se cooptent entre eux. Conséquence : le pouvoir reste associé au masculin. Une femme n’est pas associée au pouvoir, aux compétences et quoiqu’elle fasse, elle n’est pas aussi légitime qu’un homme.

– La troisième partie de mon livre s’intéresse aux « comportements sociaux » des femmes. Celles-ci prennent moins de risques que les hommes, un tas d’études le démontre. Au travail par exemple, les femmes se mettent moins en avant… »

La pire ennemie d’une femme, c’est … elle-même!

Très loin des discours et des concepts de coaching ampoulés, Brigitte Laloupe explique aussi ce qui permet aux femmes de remettre en cause le cercle vicieux des stéréotypes dans lequel elles s’empêtrent. « L’intérêt bien compris des femmes est de modifier leurs propres habitudes pour accélérer le changement ».

L’auteure n’hésite pas à mettre le doigt là où ça fait mal, sans pour autant les culpabiliser : « les femmes se limitent elles-mêmes et adoptent des comportements pénalisants : elles se sous-estiment, ne se sentent pas légitimes, sont mal à l’aise face à la compétition ou encore ne prennent pas assez de risques ».

Par contre, elles n’ont pas le même système de valeurs que les hommes et lorsqu’elles sont au pouvoir « elles apportent des façons de faire différentes ».

Alors? Réponse d’Isabelle Germain, fondatrice du site Les Nouvelles News qui signe la préface du livre : « Ce n’est jamais facile de ramer à contre-courant mais en nous y mettant à plusieurs et en éclairant les raisons profondes des discriminations (…) nous devrions y arriver. » Qu’est-ce qu’on attend?

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Vous pouvez aussi acheter le livre

– en Suisse : Pearson Suisse

– ou sur le net : Amazon.fr

Brigitte Laloupe est coach de cadres dirigeants et anime des groupes sur le leadership au féminin. Diplômée de l’IEP Grenoble, elle a une formation en psychologie et possède une longue expérience de manager.

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Sur le même sujet:
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A propos Not a Chocolate Cake

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3 commentaires pour Pourquoi les femmes gagnent-elles moins que les hommes?

  1. VMercenaria dit :

    Tres bien de noter que la première bataille a mener est contre soi-même et les stéréotypes sociaux, je suis 1000 fois d’accord, mais je ne voudrais cependant pas oublier de souligner à qui appartiennent les media qui diffusent les stéréotypes sociaux féminins, comme masculins d’ailleurs… aux hommes.

  2. Hélo dit :

    Pas d’accord: dire que les femmes sont leurs propres ennemmies, c’est dédouaner la caste masculine du fameux plafond qu’elle a installé (infériorisation, exclusion, etc.). Les femmes ne sont pas plus masochistes que les toustes les autres opprimé.e.s. Nous viendrait-il à l’idée d’affirmer que les Noir.e.s sont leurs propres ennemmi.e.s et que la situation dans laquelle elles/ils sont relève de leur fait ?

  3. @VMercenaria et @Hélo :
    Les femmes (et pas seulement) peuvent parfois – je dis bien parfois – se limiter toutes seules sans s’en rendre compte: par conformisme, sans jamais aucune remise en question, et aussi peut-être par l’attente vaine d’un coup de pouce extérieur (le fameux prince charmant, un mentor ou toute autre forme de déité toute-puissante)
    Et si le milieu de vie n’est pas propice au changement, il ne se passera rien du tout … si ce n’est d’espérer confusément un miracle, parfois toute une vie. L’espoir fait vivre, dit-on.

    A part ça, la victoire sur soi-même est un large débat!
    Ca m’a fait penser à ce conte de Jorge Bucay:
    « L’éléphant enchaîné »
    Quand j’étais petit, j’adorais le cirque, et ce que j’aimais par-dessus tout, au cirque, c’étaient les animaux. L’éléphant en particulier me fascinait ; comme je l’appris par la suite, c’était l’animal préféré de tous les enfants. Pendant son numéro, l’énorme bête exhibait un poids, une taille et une force extraordinaires…
    Mais tout de suite après et jusqu’à la représentation suivante, l’éléphant restait
    toujours attaché à un petit pieu fiché en terre, par une chaîne qui retenait une de ses pattes prisonnière. Mais ce pieu n’était qu’un minuscule morceau de bois à peine enfoncé de quelques centimètres dans le sol.
    Et bien que la chaîne fût épaisse et résistante, il me semblait évident qu’un animal capable de déraciner un arbre devrait facilement pouvoir se libérer et s’en aller.
    Le mystère reste entier à mes yeux.
    Alors, qu’est ce qui le retient ?
    Pourquoi ne s’échappe t-il pas ?

    A 5 ou 6 ans, j’avais encore une confiance absolue dans la science des adultes.
    J’interrogeai donc un maître, un père ou un oncle sur le mystère du pachyderme.
    L’un d’eux m’expliqua que l’éléphant ne s’échappait pas parce qu’il était dressé.
    Je posais alors la question qui tombe sous le sens :
    « S’il est dressé, pourquoi l’enchaîne-t-on ?

    Je ne me rappelle pas qu’on m’ait fait une réponse cohérente.
    Le temps passant, j’oubliai le mystère de l’éléphant et de son pieu, ne m’en souvenant que lorsque je rencontrais d’autres personnes qui un jour, elles aussi, s’étaient posé la même question.

    Il y a quelques années, j’eus la chance de tomber sur quelqu’un d’assez savant pour connaître la réponse :
    L’éléphant du cirque ne se détache pas parce que, dès tout petit, il a été attaché à un pieu semblable.

    Je fermai les yeux et j’imaginai l’éléphant nouveau-né sans défense, attaché à ce piquet. Je suis sûr qu’à ce moment l’éléphanteau a poussé, tiré et transpiré pour essayer de se libérer, mais que, le piquet étant trop solide pour lui, il n’y est pas arrivé malgré tous ces efforts.
    Je l’imaginai qui s’endormait épuisé et, le lendemain, essayait à nouveau, et le surlendemain… et les jours suivants…
    Jusqu’à ce qu’un jour, un jour terrible pour son histoire, l’animal finisse par accepter son impuissance et se résigner à son sort.

    Cet énorme et puissant pachyderme que nous voyons au cirque ne s’échappe pas, le pauvre, parce qu’il croit en être incapable.
    Il garde le souvenir gravé de l’impuissance qui fut la sienne après sa naissance.
    Et le pire, c’est que jamais il n’a tenté d’éprouver à nouveau sa force.

    Nous sommes tous un peu comme l’éléphant du cirque : nous allons de par le
    monde attachés à des centaines de pieux qui nous retirent une partie de notre liberté.
    Nous vivons avec l’idée que « nous ne pouvons pas » faire des tas de choses, pour la simple et bonne raison qu’une fois, il y a bien longtemps, quand nous étions petits, nous avons essayé et n’avons pas réussi…
    (Extrait du livre « Laisse-moi te raconter les chemins de la vie »)

    Et voilà, « Mille victoires sur mille ennemis ne valent pas une seule victoire sur soi-même » (Bouddha) … et c’est ça le plus difficile😉

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