Le Gang des Saris Roses

« If you’re shy, you’ll die… » (Sampat Pal Devi)

Inde – Mariée de force et mère à treize ans, Sampat Pal Devi a fui sa famille et son village natal, Chitrakoot, situé en Uttar Pradesh. Issue d’une famille rurale au bas de l’échelle sociale, la jeune fille n’a pas eu la chance d’aller à l’école. Convaincue de la nécessité d’agir, elle fonde en 2006 le « Gulabi Gang » – le Gang Rose – groupe d’activiste politique qui lutte contre la corruption et les abus faits aux femmes. Depuis sa création, ses rangs ne cessent de grossir.

Le Gulabi Gang vient en aide à aux femmes de caste subalterne, en proie à des dérives sexistes que l’on imagine en grinçant. Mariages forcés très précoces, violences conjugales et sexuelles, conflits matrimoniaux entre les jeunes promises et leurs maris quand ce n’est pas toute la belle famille, autant de défis quotidiens que Sampat Pal mène de front pour déverrouiller des logiques traditionnelles profondément ancrées.

 

Les Saris RosesPink Saris (Women Make Movies)

Projeté au Athena Film Festival de New York en février 2011, « Pink Saris« , le dernier film de Kim Longinotto, dérange une fois de plus en exposant les conditions des femmes dans les campagnes du nord de l’Inde.

 

La réalisatrice britannique Kim Longinotto a passé trois mois dans la région de Banda (Uttar Pradesh), afin de filmer des jeunes femmes sans ressources, rejetées par leur famille et n’ayant pour échappatoire que le suicide. Ces femmes trouvent en Sampat Pal une aide inespérée. Derrière la caméra se dévoilent des histoires insoutenables: des filles mariées très jeunes à des hommes beaucoup plus âgés, qui se voient maltraitées ou violées par des membres de leur belle-famille. La plupart d’entre elles sont mères, et n’ont aucun espoir de reconstruire leur vie ailleurs.

« Les choses mettent beaucoup de temps à changer, surtout en Inde. Sampat fait ce qu’elle peut, mais n’a que très peu de moyens. Le Gulabi Gang a besoin de se faire entendre, par le biais des médias ou des films. Sampat et ces jeunes filles sont des pionnières. Elles ont ouvert la voie à d’autres générations de femmes qui feront bouger les choses », affirme Kim Longinotto.

 

Le film est une série de rencontres, de destins, de témoignages saisissants et poignants. On suit le parcours de Sampat Pal, sa lutte quotidienne à travers ses confrontations et ses nombreux affrontements verbaux. L’héroïne du gang écoute, questionne et interpelle sans relâche. Elle bouscule la tradition mais tient bon. Combattante dans l’âme, elle ne renonce jamais et n’hésite pas à recourir au bâton. On épouse volontiers son combat, on partage sa colère et sa révolte mais aussi ses moments de doute et son épuisement, qu’elle nous confie. Un film qui interpelle et qui nous laisse comme un parfum de révolte. À voir.

 

A propos Not a Chocolate Cake

Serial blogueuse - Intérêts en Relations Publiques, en Communication et en Réseaux Sociaux - CV Infographique: http://vizualize.me/Kabisu
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Un commentaire pour Le Gang des Saris Roses

  1. antisexisme dit :

    Un film que je dois voir absolument…

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