Comme au cinéma

Les femmes d’action au cinéma … des hommes comme les autres ?

Le cinéma a mis les femmes d'action en bonne place dans l'immense bazar de l'imaginaire occidental. De princesses de conte de fée en icônes postmodernes, de délinquantes en justicières, de flingueuses en amoureuses, le 7e art joue à l'envi de la féminité et de ses possibles… Loin des Pénélopes soumises et effarouchées, ces héroïnes de choc qui mêlent séduction et exploits physiques, glamour et arts du combat flirtent délicieusement avec toutes nos ambivalences.

Une femme d’action, qu’est-ce que c’est ?

Déjà, le trouble de la définition montre l’ambiguïté du personnage. Est-ce simplement une femme de pouvoir ? Quelqu’un qui se bat ou qui donne des ordres? L’homme d’action, lui, n’a pas de problème d’identité. Tout le monde sait qu’il tue du méchant, conduit vite, distribue des coups de poing et sauve des demoiselles en détresse.

Raphaëlle Moine, professeur d’études cinématographiques à la Sorbonne, a publié chez Armand Colin un passionnant ouvrage sur les femmes d’action dans le cinéma grand public. Elle s’est intéressée à ces femmes qu’elle définit comme « s’engageant physiquement dans l’action » et faisant « un usage autrefois connoté masculin de leur corps ».

Certains films ont des ambitions critiques, féministes mais beaucoup exploitent simplement la figure de la femme d’action parce qu’elle est populaire et modernise le personnage féminin érotisé.

C’est particulièrement net dans les films postérieurs aux années 2000, comme les « Charlie’s Angels » ou « Lara Croft« . Ces « babes in arms » (« poupées armées ») combinent les armes de la séduction et du combat. Ce sont des créatures de rêve, des dominatrices sexy qui peuvent flatter les fantasmes masochistes des spectateurs masculins.

Par rapport à des figures plus fortes comme l’était Ripley dans « Alien« , cela peut être considéré comme un recul.

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GIRL POWER

7 films et 7 héroïnes qui ont marqué l’histoire du cinéma.

Eva Saro, consultante en image et responsable de projet à la Fondation Images et société, en décode les affiches, montrant qu’un stéréotype peut parfois en cacher un autre.

L’égalitaire – Madame porte la culotte, George Cukor 1949
Une comédie qui met en scène l’égalité de sexes à travers la plaidoirie de deux avocats, mari et femme, qui défende chacun leur client. Ce que dit l’affiche par Eva Saro: « Face à face à même hauteur de deux complices qui gardent le sourire. Mais lui est ridé tandis qu’elle est lisse et plus jeune. Encore un petit effort avant l’égalité … »

La sensuelle – Et Dieu créa la femme, Roger Vadim  1956
Petite fille de l’Ange bleu et de Loulou, la Juliette de Vadim annonce la révolution sexuelle et le droit des femmes à disposer de leur corps. E.S: « Des hommes sombres regardent LA femme claire, offerte/en attente, généreuse de poitrine et à l’énergie échevelée. Un classique bien ancré dans nos fantasmes »

La subversive – La fiancée du pirate, Nelly Kaplan  1969
L’histoire d’une sorcière des temps modernes qui n’est pas brûlée par les Inquisiteurs, car c’est elle qui les brûle (pour rire). E.S: « D’un côté le stéréotype de la pin-up rose. De l’autre son antidote: une femme qui nous regarde et s’assied sur des petits hommes »

Les rebelles – Thelma et Louise, Ridley Scott 1991
Premier film à traiter de l’amitié féminine comme d’un sentiment noble. Le film créa la polémique car les deux héroïnes répondent à la violence des hommes par les armes. Variantes: le trash Baise-moi et le saphique Bound qui finit en happy end. E.S: « Deux copines partent à l’aventure en voiture décapotable. Elles semblent décider de leur route, mais un grand ciel menaçant les surplombe »

La salope – Last Seduction, John Dahl 1995
Comme Sharon Stone dans Basic Instinct, l’héroïne a un QI élevé, et chose plus rare: son intelligence la conduit au happy end. E.S: « Vampire sensuel et vénéneux. C’est le cliché accolé à la femme belle qui aurait du caractère et des besoins à assouvir »

La cyber – Kill Bill, Quentin Tarentino 2003
Héroïne d’un pur film d’action qui mêle féminisme et arts martiaux, comme Tigre et Dragon. E.S: « La femme version jeux vidéo avec corporéité plastique. Les déesses antiques de la Vie et de la Mort avaient une allure nettement plus impressionnante »

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Le test de Bechdel

Voici un test facile ! Lorsque vous regardez un film, amusez-vous à vous poser les questions suivantes :

1- Y a-t-il au moins deux personnages féminins…

2- qui parlent l’une avec l’autre…

3- au sujet d’autre chose qu’un homme ?

Au premier abord, le test peut faire sourire ; comment un film pourrait-il bien rater ces trois règles minimales ? On parle de personnage, pas de figurante!

A propos Not a Chocolate Cake

Serial blogueuse - Intérêts en Relations Publiques, en Communication et en Réseaux Sociaux - CV Infographique: http://vizualize.me/Kabisu
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