Le harcèlement sexuel en Suisse

Source : femina.ch

« En Suisse, 28% des femmes et 10% des hommes interrogés se sont sentis harcelés sexuellement au cours de leur vie professionnelle. C’est la proportion que révélait en 2008 déjà une étude fédérale menée par le SECO et le Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes (BFEG). La statistique laisse songeur. Surtout quand l’on sait que les entreprises suisses prennent moins de mesures que les entreprises européennes dans la lutte des risques psychosociaux.

Véronique Ducret restitue aujourd’hui le quotidien de ces femmes. Certaines ont répondu à l’annonce parue dans Femina et sur le site des Quotidiennes. D’autres ont été recrutées par bouche-à-oreille. Peu sont allées jusqu’au bout, par peur de se faire licencier. Toutes celles qui ont accepté de témoigner ont perdu leur job. Une charge en soi contre la politique en matière de protection du travail.

 

Cercle du silence

«Comportement banalisé», «impunité», «cercle du silence»… Les accusations sont sévères. Les femmes  romandes s’avèrent plus nombreuses que les Alémaniques à porter leur cas devant les tribunaux. Question de mentalités, de pouvoirs syndicaux et associatifs. Les Genevoises, pionnières en matière de dénonciation, se sentent plus largement soutenues. Les Vaudoises sortent elles aussi du bois. Dans les autres cantons, les démarches sont rarissimes. «Une ou deux plaintes par an», souligne aujourd’hui l’office de conciliation en matière d’égalité entre femmes et hommes du canton du Valais.

Qui a peur du harcèlement sexuel?

«Les femmes parlent, fait remarquer Véronique Ducret. Le problème se situe ailleurs. Qui veut véritablement les entendre?»

On ne parle pas beaucoup de harcèlement sexuel. Est-il un nouveau fléau? Un délit? Un fantasme de féministes?

En aucun cas un fantasme de féministes. Mais bel et bien un fléau et un délit. Ou tout au moins un phénomène social qui a des effets graves sur la santé des victimes. Le problème du harcèlement sexuel, c’est qu’on n’en parle jamais sérieusement. Le phénomène a de la peine à exister. Bien souvent les femmes se plaignent de mobbing, de harcèlement psychologique, mais pas de harcèlement sexuel. Or celui-ci est défini dans la loi, alors que le harcèlement psychologique est défini par jurisprudence.

 

Et les hommes?

Oui, un homme harcelé sexuellement, ça existe. Le phénomène touche 10% de travailleurs. Mais si la surprise est aussi totale, c’est aussi parce que les chercheurs ne se sont jamais intéressés aux hommes, pensant que seules les femmes étaient des victimes potentielles. »

Les femmes

28%

Les chiffres

  • 15% Plaisanteries
  • 10% Se faire siffler, dévisager
  • 9% Commentaires personnels
  • 5% Contact corporel indésirable
  • 4% Gestes obscènes
  • 4% Téléphone, lettres, courriels
  • 3% Propositions, invitations
 

Les hommes

10%

Les chiffres

  • 18% Plaisanteries
  • 7% Téléphone, lettres, courriels
  • 7% Gestes obscènes
  • 5% Matériel porno, nus
  • 3% se faire siffler, Dévisager
  • 2% Histoires, discussions

 

Et pour ne pas se laisser croquer comme un carré de chocolat !

Non c’est non! Le site à l’intention des personnes harcelées sexuellement au travail

QUI A PEUR DU HARCÈLEMENT SEXUEL? – Le livre / Véronique Ducret : Des femmes témoignent

Agir pour prévenir / Le documentaire : Harcèlement sexuel en entreprise

 

 

A propos Not a Chocolate Cake

Serial blogueuse - Intérêts en Relations Publiques, en Communication et en Réseaux Sociaux - CV Infographique: http://vizualize.me/Kabisu
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2 commentaires pour Le harcèlement sexuel en Suisse

  1. Paulina dit :

    Dignité de femme envolée, respect de ma personne inexistant, et cette amère souffrance qui reste… je ne pensais pas que ça m’arriverait… 3 mois après le cas de harcèlement sexuel résolu par l’entreprise qui m’emploie, une nouvelle réorganisation a lieu et résultat: comme par hasard mon poste n’existe plus contrairement à celui de mon harceleur, qui est désormais dans un autre département, bien à l’abri de cette réorganisation…

    envie de vomir… comment en Suisse peut-on laisser un homme se comporter ainsi à plusieurs reprises (et oui je ne suis hélas pas la première)? comment une entreprise peut-elle le protéger de la sorte (trop de pouvoir? trop de connaissances confidentielles? trop d’actions lui appartenant?)?
    J’ai supporté pendant 1 an, en allant voir les RH à plusieurs reprises qui m’ont dit que cet homme était intouchable… mais qui est intouchable dans notre société? je pensais que nous avions tous à répondre de nos actes…
    Comment le système autorise-t-il de telles dérives? Jusqu’à quand devrons-nous vivre de telles injustices?

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